La Police nationale a démantelé un réseau qui empochait jusqu’à 9 000 euros par mois par membre en vendant des rendez-vous auprès des services de l’immigration. Au total, 21 personnes ont été arrêtées : une à Murcie, 17 à Alicante et trois à Valence. Mais ne croyez pas qu’il s’agisse d’un cas isolé : des sources policières confirment que ce genre de manœuvres est courant.
Les malfaiteurs utilisent des robots informatiques pour monopoliser les rendez-vous disponibles sur le site web de l’administration. Ces programmes contournent les mécanismes de sécurité — comme les captchas — et accaparent toutes les réservations en quelques secondes. Ils les revendent ensuite à des prix allant de 15 à 30 euros par rendez-vous, des montants que beaucoup de personnes aux faibles revenus ne peuvent pas se permettre. La chef de file de l’organisation enregistrait des tutoriels vidéo pour apprendre à ses proches et à ses amis à utiliser les bots et à masquer leurs adresses IP à l’aide d’un VPN. C’est ainsi qu’ils monopolisaient les rendez-vous dans différentes provinces. Compte tenu du nombre de clients, le calcul est simple : si chacun des 21 membres versait 9 000 euros par mois, l’organisation engrangeait près de 200 000 euros par mois. De l’argent sale, selon la police. C’est aussi simple que cela.
Attention, ce n’est pas le seul réseau. Dans la Communauté valencienne et à Murcie, d’autres mafias opèrent et facturent entre 350 et 400 euros par personne lorsque le besoin est urgent — par exemple pour renouveler un titre de séjour. Dans ces cas-là, les bénéfices peuvent grimper encore plus haut. Le problème n’est pas qu’il n’y ait pas de rendez-vous : c’est qu’ils sont accaparés par les bots dès la première minute. La police prévient que l’argent issu de ces ventes est « d’un noir de jais ».
Le rendez-vous préalable obligatoire a été mis en place au Bureau des étrangers de Murcie en 2018. Depuis lors — et c’est là un point essentiel —, se présenter sans rendez-vous est inutile. Et comme il est de plus en plus difficile d’en obtenir un par des voies légales, de nombreux migrants se tournent vers ces mafias par désespoir. Des organisations telles que « Convivir Sin Racismo » ou « Murcia Acoge » ont déjà dénoncé cette situation comme une forme de violence institutionnelle silencieuse.
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