La Cour suprême a invalidé l'une des mesures les plus controversées du nouveau règlement sur les étrangers. Celle qui permettait de refuser automatiquement le titre de séjour aux étrangers ayant une famille espagnole au seul motif qu'ils avaient un casier judiciaire. Un arrêt rendu à la suite d’un recours introduit par plusieurs organisations sociales oblige l’administration à examiner chaque cas individuellement. Autrement dit, alors qu’auparavant on te signifiait un refus sans autre forme de procès, elle doit désormais prendre le temps d’examiner ta situation.
Jusqu’à présent, il suffisait d’avoir un casier judiciaire — sans autre — pour qu’on vous dise non. Or, la Cour suprême estime que cela n’est pas valable. Désormais, si des droits familiaux ou des situations impliquant des citoyens européens sont en jeu, l’administration devra prendre en compte toute une série d’éléments : la gravité de l’infraction, le temps écoulé depuis, votre comportement par la suite, votre situation familiale, l’intérêt des mineurs… En somme, elle devra démontrer l’existence d’une menace réelle et actuelle, et non pas se contenter d’un simple antécédent.
Mais l’arrêt ne s’arrête pas là. Il annule également l’interdiction qui empêchait les mineurs étrangers mariés d’obtenir certaines autorisations de séjour. La Cour fait valoir que cette restriction pouvait porter préjudice aux victimes de mariages forcés. Elle supprime également l’obligation selon laquelle les mesures de tutelle des mineurs doivent être établies conformément au droit espagnol : l’Espagne doit reconnaître les décisions d’autres États lorsque les conventions internationales l’exigent. Attention, c’est important pour beaucoup de gens.
Et ce n’est pas tout : pour les agences d’intérim, la Cour suprême annule l’interdiction qui les empêchait d’embaucher des étrangers pour des campagnes saisonnières. Elle déclare également illégale l’obligation de communiquer exclusivement par voie électronique avec l’administration — une mesure qui excluait ceux qui n’ont pas accès au numérique. Un progrès, en vérité.
Cela dit, tout n’a pas été invalidé. La Cour suprême confirme d’autres aspects du règlement : par exemple, le fait que les demandeurs d’asile ne puissent pas accumuler des droits d’ancrage tant que leur demande de protection internationale est en cours d’examen, et que le temps passé en Espagne pendant la procédure d’asile ne soit pas pris en compte pour certains droits d’ancrage. Donc, si vous vous trouvez dans cette situation, soyez-en bien conscient.
Si vous êtes en cours de demande de titre de séjour au titre du regroupement familial ou en tant que membre de la famille d’un ressortissant espagnol, cet arrêt vous concerne directement. L’administration ne peut plus vous fermer la porte uniquement en raison de vos antécédents — cela dit, chaque cas sera examiné individuellement. Il est donc préférable d’apporter tous les documents attestant de votre réinsertion et de vos liens familiaux. N’hésitez pas à vous renseigner correctement.
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