Obtenir un rendez-vous au Bureau de l'Immigration de Palma est devenu un enfer pour de nombreux immigrants. Prenez l'exemple de Magdalena Dybiec, une Polonaise qui vit à Cala d’Or depuis onze ans. Depuis novembre, elle essaie de renouveler son NIE—qui a expiré—et de régulariser la situation de son père. Chaque jour, elle se connecte au système et tombe sur le même message : “Aucun rendez-vous disponible”. Désespérée, elle a demandé l'aide d'une agence de gestion, s'est rendue en personne au bureau et a même envisagé d'aller à Minorque, où l'on dit qu'il y a quelques créneaux libres. Mais le voyage coûte 200 euros, et sans réduction pour résident parce que son père n'a pas de documents.
Le manque de rendez-vous a fait exploser le marché noir. Des organisations et des particuliers vendent des créneaux à partir de 40 euros, selon des avocats et des collectifs de migrants. La Police nationale a déjà agi : à Manacor, elle a arrêté un individu de 25 ans qui accaparait des rendez-vous avec un logiciel et les revendait pour environ 50 euros. Chez lui, ils ont trouvé 43 000 euros en liquide. Des cybercafés de Palma et Manacor sont signalés comme des points habituels de vente illégale. Si quelqu'un vous propose un rendez-vous contre de l'argent, méfiez-vous ; c'est illégal et alimente la fraude.
Pour Magdalena, la situation est un vide bureaucratique. Son père a un NIE provisoire qui ne sert qu'à travailler, mais il ne peut pas s'inscrire au registre municipal ni accéder à la santé. La mairie de Cala d’Or lui a accordé une inscription exceptionnelle, mais elle est temporaire. Sans le NIE vert, pas de carte de santé, et son père a besoin de médicaments. “C'est un cercle vicieux”, résume Magdalena. Elle craint un contrôle de police : même si elle est inscrite, son passeport polonais et le NIE expiré pourraient ne pas suffire.
Le Bureau de l'Immigration ne reçoit que sur rendez-vous et le téléphone est inutile. Magdalena a essayé de parler à un fonctionnaire, mais l'agent de sécurité lui a dit de continuer à essayer. “Personne ne m'aide”, déplore-t-elle. Son histoire n'est pas unique : une autre femme a avoué avoir payé 400 euros pour les papiers de son bébé de deux mois, qui n'a toujours pas de NIE.
Si vous êtes dans une situation similaire, ne recourez pas au marché noir. Continuez d'essayer d'obtenir un rendez-vous en ligne, essayez à différentes heures de la journée, et si vous le pouvez, allez dans d'autres provinces. Vous pouvez aussi chercher de l'aide auprès d'associations de migrants ou des services sociaux de votre mairie. Mais surtout, ne perdez pas espoir : la pression médiatique et les signalements obligent les autorités à prendre des mesures.
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