Sans le « TIE », les entreprises n'embauchent pas : la régularisation est au point mort

Près de 1,2 million de personnes ont demandé à bénéficier de la régularisation extraordinaire mise en place par le gouvernement entre avril et juin. Au final, 1 174 978 demandes ont été déposées. Soit le triple du demi-million de demandes que l'on estimait à la Moncloa.

Le ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, dirigé par Elma Saiz, s’était fixé au 30 septembre la date limite pour accepter ou rejeter chaque dossier. L’idée était de traiter toutes les demandes en trois mois. Aujourd’hui, ce calendrier n’est plus tenable. On s’en rend compte dès l’acceptation de la demande : le document indique déjà par écrit que le délai ne sera pas respecté.

C’est là que réside le premier malentendu. L’acceptation de la demande, insiste le gouvernement, vous autorise à résider et à travailler à titre temporaire dans tout le pays en attendant la décision finale. Mais le message n’a pas été bien compris par les employeurs. De nombreux employeurs continuent d’exiger la carte d’identité d’étranger (la « TIE ») ou la décision favorable définitive. Sans ce document, ils ne signent rien. Il y a donc des personnes disposant d’une autorisation légale de travail qui se retrouvent exclues des offres d’emploi. Les organisations de migrants demandent au ministère de s’adresser expressément au secteur privé. Les personnes dont la demande a été acceptée ne sont pas prises en compte dans les effectifs.

Qui est concerné ? Deux demandeurs sur trois sont originaires d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. La Colombie arrive en tête de liste avec un peu plus de 25 % des demandes. Viennent ensuite le Maroc, le Venezuela, le Pérou et le Honduras. Les Argentins occupent la dixième place : environ 27 024 d’entre eux ont déposé leur dossier. Et le goulot d’étranglement ne s’arrête pas à l’obtention du permis. Il faut ensuite prendre rendez-vous pour les empreintes digitales et la photo. Là, les délais d’attente dépassent un mois dans de nombreuses provinces.

Si vous vous trouvez dans cette situation d’incertitude, gardez à portée de main l’attestation d’admission en cours de traitement et présentez-la lorsqu’on vous la demandera. C’est votre document de référence tant que le dossier est en cours de traitement. Vérifiez également l’état d’avancement de votre demande et ne négligez pas les exigences du ministère. Une procédure laissée en suspens peut aboutir à un refus.

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